Vendredi 28 décembre 2007
Vous le pensiez assoupi sur sa pierre au soleil, mais telle est sa vigilance qu'au mieux vous lui trancherez la queue - qui repousse déjà.
Moralité: un coup d'épée jamais n'abolira le lézard.
Encore deux films splendides vus aujourd'hui:
Guizi lai le (Chine, 2000) est beau, drôle et émouvant. L'histoire d'un paysan chinois sous l'occupation japonaise en 1945, qui se retrouve bien
malgré lui gardien de deux prisonniers, un soldat japonais et son interprète chinois. Le personnage principal sera perdu par son trop plein d'humanité, et le film est bouleversant. La réalisation
est à la hauteur, avec des images en noir et blanc de toute beauté.
La Règle du jeu (France, 1939) est le grand classique de Renoir, qui nous montre le vrai visage des hommes et des femmes sous le vernis de la
société et des rapports de classe. Aucun des personnages n'en sort indemne. Une merveille absolue, un monument.
Dimanche 23 décembre 2007
Obchod na korze (Tchèquoslovaquie, 1965), réalisé par
Ján Kadár et Elmar Klos, est un pur chef d'oeuvre, qui a obtenu
l'oscar du meilleur film étranger en 1966. La réalisation et l'image (noir et blanc) sont de toute beauté, mais surtout les qualités humaines du scénario et le jeu des acteurs en font un film
bouleversant, à la portée morale universelle. Nous sommes en 1942. Le personnage principal est un charpentier insouciant, qui se voit confier l'administration d'une boutique jusqu'alors tenue par
une vieille femme juive, spoliée de ses droits par les nouvelles lois fascistes. Il y voit d'abord l'occasion de s'enrichir, mais va sans le vouloir s'attacher à l'ancienne propriétaire, et
finalement tenter de la protéger, jusqu'au final tragique. Encore un film qui marque longtemps le spectateur, et lui fait sentir l'absurdité profonde des guerres qui broient aveuglément les
individus.
Dimanche 23 décembre 2007
Ah!
Drôle de drame! La "dream team" Carné-prévert! Les acteurs tous magnifiques! Les dialogues, entrés dans le patrimoine historique du
cinéma français.Quel charme, quelle fraîcheur! Que du bonheur!
On en fait plus des comme ça, ma bonne dame! Et si certains de ceux qui me lisent n'ont pas vu ce chef-
d'oeuvre, il faut de toute urgence qu'ils se fassent offrir le DVD!
On ne pourra pas m'accuser de manquer d'eclectisme! J'ai vu en DVD les deux films suivants:
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Stardust (USA, 2007) n'est pas un film de cinéma, il s'agit d' "entertainment assisté par ordinateur". Il n'y a strictement rien à en dire,
moins de 24h après j'ai oublié de quoi il s'agissait.
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Salò o le 120 giornate di Sodoma (Italie, 1975) est le fameux film de Pasolini, qui transpose l'univers de Sade dans l'Italie fasciste. Il ne
faut pas mesurer le film au "roman" dont il s'inspire librement, et qui est absolument impossible à reproduire au cinéma (comment montrer un ouragan en filmant une baignoire...). Mais il est
intéressant de noter la fascination de Pasolini pour "l'ennemi" (le bourgeois, le fasciste) auquel il prête des fantasmes qu'on devine siens, au moins en partie. Je ne connaissais de ce film que
son caractère sulfureux, et l'existence d'une scène dans laquelle les protagonistes sont contraints de se nourrir d'excrêments humains. La scène est en effet assez frappante, et je me demande quel
accueil eût le film à l'époque! Fût-il même projeté en salles? Qu'en pensèrent la droite et l'extrême droite italiennes? Et les camarades de lutte de Pasolini, je ne suis pas certain que le
PCI ait ardemment soutenu le film! En tout cas ce film là, je ne suis pas prêt de l'oublier!
Vus ce jour en DVD:
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A Tanú, film hongrois de Péter Bacsó (1969)
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Wild in the Streets, film US de Barry Shear (1968).
Le premier est une satire de la dictature communiste en Hongrie, et de ses dérives absurdes qui empoisonnent la vie d'un brave citoyen très naïf du nom de Pelikan. Ce film a
paraît-il été censuré pendant 20 ans. Je l'ai en tout cas trouvé trouvé très drôle, et j'imagine que les personnes directement concernées se réchauffaient le coeur avec ce type d'humour sous la
dictature.
Il est plus difficile de résumer le second, une espèce de délire contant la prise de pouvoir par la jeunesse psychédélique US, à grand renfort de LSD, de musique et d'amour libre. Le jeune leader
(et chanteur de rock) finit par accéder à la présidence des USA, et décide d'envoyer par la force tous les citoyens âgés de plus de 35 ans dans des camps de rééducation, où les "vieux" sont
contraints de planer sous acide. Un film pas totalement maîtrisé à mon avis, mais très cool et décalé en ces temps de néo-libéralisme!
En bon saint Martin, il vous cède volontiers la moitié de son accablement, insistant pour l'ajuster lui-même sur vos épaules.